Chargement de la vidéo...

Nature et souveraineté

Le présupposé éthique et politique de la modernité veut que la « nature » soit extérieure aux humains. Les hommes la considèrent comme leur « environnement », comme si les choses de la nature étaient conçues aux seules fins de les servir. Telle est l’origine de la crise écologique de notre temps : le projet politique et technique d’asservissement d’une nature fantasmatique vouée à satisfaire nos besoins.
L’État moderne résulte donc d’un prétendu droit selon lequel les hommes doivent s’organiser en vue de leur lutte contre la nature et non d’une vie en harmonie avec elle. Ainsi pensée, la nature n’est plus qu’un vaste magasin où nous puisons notre nourriture. Quant à sa « valorisation », elle se réduit à la marchandisation capitaliste de ses ressources.
Une éthique, ou plutôt une politique, est pensable si et seulement si elle substitue le droit biotique au droit naturel, autrement dit si elle rétablit la nature à l’intérieur de l’animal humain en inscrivant celui-ci dans l’histoire politique de la nature.
Il faut donc commencer par changer la politique, la doter de nouveaux principes, pour changer l’attitude des hommes vis-à-vis de la nature. En ce sens, il existe une obligation des hommes vis-à-vis d’eux-mêmes, plutôt qu’envers une nature fantasmatique qui leur serait extérieure et serait l’objet de leur action et de leur attention. De ce point de vue et à proprement parler, il n’y a pas de crise écologique. Il y a une crise politique : celle des fondements essentiels de la cité.

Plus d’infos sur le site de l’Iddri

© Iddri / Science Frontières Production 2012

Intervenants : Gérard Mairet (Professeur de philosophie politique à l’université Paris VIII)

+ de vidéos dans cette thématique

Retrouver cette vidéo dans ces chaines ...

Playlists dans lesquelles cette vidéo apparait

Send this to a friend

Bonjour,

J'ai pensé que cette information pourrait t'intéresser: Nature et souveraineté!

Voici le lien pour voir la vidéo: https://terre.tv/biodiversite/flore/nature-et-souverainete