Aléas TV – La Télé de la Prévention des Risques Majeurs

AléasTv est un des acteurs de la diffusion de l’information préventive. La prévention des risques majeurs regroupe l’ensemble des dispositions à mettre en oeuvre pour réduire l’impact d’un phénomène naturel ou dû à l’homme, prévisible, sur les personnes et les biens. Elle s’inscrit dans une logique de développement durable, puisque, à la différence de la réparation post-crise, la prévention tente de réduire les conséquences économiques, sociales et environnementales d’un développement imprudent de notre société.

En France, sept axes sont privilégiés:

La connaissance des phénomènes, de l’aléa et du risque :

Depuis plusieurs années, des outils de recueil et de traitement des données collectées sur les phénomènes sont mis au point et utilisés, notamment par des établissements publics spécialisés (Météo-France par exemple). Les connaissances ainsi collectées se concrétisent à travers des bases de données (sismicité, climatologie, nivologie), des atlas (cartes des zones inondables, carte de localisation des phénomènes avalancheux), etc. Elles permettent d’identifier les enjeux et d’en déterminer la vulnérabilité face aux aléas auxquels ils sont exposés. Pour poursuivre vers une meilleure compréhension des aléas, il est donc primordial de développer ces axes de recherche, mais également de mettre l’ensemble de cette connaissance à disposition du plus grand nombre, notamment à travers l’internet. En Auvergne par exemple, les données cartographiques relatives aux risques sont disponibles via les portails cartographiques des départements, accessibles sur les sites des préfectures (ex : www.puy-de-dome.gouv.fr).

La surveillance : 

L’objectif de la surveillance est d’anticiper le phénomène et de pouvoir alerter les populations à temps. Elle nécessite pour cela l’utilisation de dispositifs d’analyses et de mesures (par exemple les services d’annonce de crue), intégrés dans un système d’alerte des populations. Les mouvements de terrain de grande ampleur sont également surveillés en permanence. La surveillance permet d’alerter les populations d’un danger, par des moyens de diffusion efficaces et adaptés à chaque type de phénomène (haut-parleurs, service audiophone, pré-enregistrement de messages téléphoniques, liaison radio ou internet, etc.). Une des difficultés réside dans le fait que certains phénomènes, comme les crues rapides de rivières ou certains effondrements de terrain, sont plus difficiles à prévoir et donc plus délicats à traiter en terme d’alerte et, le cas échéant, d’évacuation des populations. En Auvergne, un certain nombre de cours d’eau sont surveillés en continu, permettant d’annoncer d’éventuelles crues et de prévenir les communes et les populations. C’est le cas de la rivière Allier par exemple. Pour consulter la carte des cours d’eau surveillés en continu sur toute la France, visitez le site Vigicrues.

L’information préventive et l’éducation :

Parce que la gravité du risque est proportionnelle à la vulnérabilité des enjeux, un des moyens essentiels de la prévention est l’adoption par les citoyens de comportements adaptés aux menaces.

Dans cette optique, la loi du 22 juillet 1987 a instauré le droit des citoyens à une information sur les risques majeurs auxquels ils sont soumis sur tout ou partie du territoire, ainsi que sur les mesures de sauvegarde qui les concernent (article L125-2 du Code de l’environnement).

Des informations sont diffusées sur les caractéristiques des risques et la conduite à tenir pour s’en préserver, à travers deux documents d’information :

– Le préfet élabore le Dossier Départemental sur les Risques Majeurs (DDRM) où sont consignées les informations essentielles sur les risques naturels et technologiques majeurs du département. Ce document est consultable sur ce site via la page d’accueil, dans les onglets des différents départements d’Auvergne.

– Le maire élabore son Document d’Information Communal sur les RIsques Majeurs (DICRIM). Ce document présente les mesures de prévention et les mesures spécifiques prises en vertu des pouvoirs de police du maire. Le DICRIM peut être accompagné d’un plan de communication et d’une campagne d’affichage. Ce document est disponible en mairie.

Une information spécifique aux risques technologiques est également à disposition des citoyens. Au titre de l’article 13 de la directive « Seveso 2 », les industriels ont l’obligation de réaliser pour les sites industriels à « hauts risques » classés « Seveso avec servitude » , une action d’information des populations riveraines. Coordonnée par les services de l’État, cette campagne est entièrement financée par le générateur de risque et renouvelée tous les cinq ans.

En complément de ces démarches réglementaires, les citoyens doivent également entreprendre une véritable démarche personnelle, visant à s’informer sur les risques qui les menacent individuellement et sur les mesures à adopter. Ainsi chacun doit engager une réflexion autonome, afin d’évaluer sa propre vulnérabilité, celle de son environnement (habitat, milieu, etc.) et de mettre en place les dispositions pour la minimiser. En 1993, les ministères chargés de l’Environnement et de l’Éducation nationale ont signé un protocole d’accord pour promouvoir l’éducation à la prévention des risques majeurs. Désormais, cette approche est inscrite dans les programmes scolaires du primaire et du secondaire, dans les disciplines d’histoire-géographie, de physique, de sciences de la vie et de la terre et d’éducation civique.

La prise en compte des risques dans l’aménagement :

Afin de réduire les dommages lors des catastrophes naturelles, il est nécessaire de maîtriser l’aménagement du territoire, en évitant d’augmenter les enjeux dans les zones à risque et en diminuant la vulnérabilité des zones déjà urbanisées.

Les plans de prévention des risques naturels prévisibles (les PPR), institués par la loi « Barnier » du 2 février 1995, ont cette vocation. Ils constituent l’instrument essentiel de l’État en matière de prévention des risques naturels. L’objectif de cette procédure est le contrôle du développement dans les zones exposées à un risque. Les PPR sont décidés par les préfets et réalisés par les services déconcentrés de l’État. Ces plans peuvent prescrire diverses mesures, comme des travaux sur les bâtiments existants, des interdictions de construire ou certaines pratiques agricoles.

Après approbation, les PPR valent servitude d’utilité publique et sont annexés au plan local d’urbanisme (PLU), qui doit s’y conformer. Dés lors, l’aménagement sur une commune ne pourra se faire qu’en prenant en compte ces documents. Cela signifie qu’aucune construction ne pourra être autorisée dans les zones présentant les aléas les plus forts, ou uniquement sous certaines contraintes.

La mitigation : 

L’objectif de la mitigation est d’atténuer les dommages, en réduisant soit l’intensité de certains aléas (inondations, coulées de boue, avalanches, etc.), soit la vulnérabilité des enjeux. Cette notion concerne notamment les biens économiques : les constructions, les bâtiments industriels et commerciaux, ceux nécessaires à la gestion de crise, les réseaux de communication, d’électricité, d’eau, de communication, etc.

La mitigation suppose notamment la formation des divers intervenants (architectes, ingénieurs en génie civil, entrepreneurs, etc.) en matière de conception et de prise en compte des phénomènes climatiques et géologiques, ainsi que la définition de règles de construction. L’application de ces règles doit par ailleurs être garantie par un contrôle des ouvrages.

Cette action sera d’autant plus efficace si tous les acteurs concernés, c’est-à-dire également les intermédiaires tels que les assureurs et les maîtres d’oeuvre, y sont sensibilisés. La mitigation relève également d’une implication des particuliers, qui doivent agir personnellement afin de réduire la vulnérabilité de leurs propres biens.

La planification de l’organisation des secours :

Les pouvoirs publics ont le devoir, une fois l’évaluation des risques établie, d’organiser les moyens de secours pour faire face aux crises éventuelles. Cette organisation nécessite un partage équilibré des compétences entre l’État et les collectivités territoriales.

Dans sa commune, le maire est responsable de l’organisation des secours de première urgence. Pour cela il peut mettre en oeuvre un outil opérationnel, le plan communal de sauvegarde, qui détermine, en fonction des risques connus, les mesures immédiates de sauvegarde et de protection des personnes, fixe l’organisation nécessaire à la diffusion de l’alerte et des consignes de sécurité, recense les moyens disponibles et définit la mise en oeuvre des mesures d’accompagnement et de soutien de la population. Ce plan est obligatoire dans les communes dotées d’un plan de prévention des risques naturels prévisibles approuvé ou comprises dans le champ d’application d’un plan particulier d’intervention.

La loi de modernisation de la sécurité civile du 13 août 2004 a réorganisé les plans de secours existants, selon le principe général que lorsque l’organisation des secours revêt une ampleur ou une nature particulière, elle fait l’objet, dans chaque département, dans chaque zone de défense et en mer, d’une disposition Orsec. L’Organisation de la Réponse de Sécurité Civile (ORSEC)  départementale, arrêté par le préfet, détermine, compte tenu des risques existant dans le département, l’organisation générale des secours et recense l’ensemble des moyens publics et privés susceptibles d’être mis en oeuvre. Elle comprend des dispositions générales applicables en toute circonstance et des dispositions propres à certains risques particuliers. Le préfet peut également définir un plan particulier d’intervention (PPI), notamment pour des établissements classés Seveso , des barrages hydro-électriques ou des sites nucléaires.

La prise en compte du retour d’expérience :

Les accidents technologiques font depuis longtemps l’objet d’analyses poussées lorsqu’un tel événement se produit. Des rapports de retour d’expérience sur les catastrophes naturelles sont également établis par des experts. Ces missions sont menées au niveau national, lorsqu’il s’agit d’événements majeurs (comme cela a été le cas des inondations en Bretagne et dans la Somme) ou au plan local. L’objectif est de permettre aux services et opérateurs institutionnels, mais également au grand public, de mieux comprendre la nature de l’événement et ses conséquences. Ainsi chaque événement majeur fait l’objet d’une collecte d’informations, telles que l’intensité du phénomène, l’étendue spatiale, le taux de remboursement par les assurances, etc. La notion de dommages humains et matériels a également été introduite. Ces bases de données permettent d’établir un bilan de chaque catastrophe et bien qu’il soit difficile d’en tirer tous les enseignements, elles permettent néanmoins d’en faire une analyse globale destinée a améliorer les actions des services concernés, voire à préparer les évolutions législatives futures.

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